ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE
Origine, Principes et Modalités de la « RECTIFICATION » de 1968
La suite des recherches historiques sur le Martinisme du 18
ème
siècle, conduit, par la
découverte fréquente de faits et de documents nouveaux, à réviser, préciser, compléter, la
trame déjà connue par les travaux des spécialistes de cette question. Nous allons sumer nos
plus récentes conclusions personnelles.
Martinez de Pasqually n'a reçu de ses Initiateurs rosicruciens que la seule Magie classique,
celle transmise par Trithême à Henri Cornélius Agrippa, et par ce dernier à son disciple,
Pierre d'Aban. A cela il faut ajouter un apport de Magie plus particulièrement juive, issue de
l'École d'Eléazar de Worms. Il emprunta également quelques éléments complémentaires au
célèbre manuscrit dit d'Abramelin-le Mage. Vint ensuite sa note personnelle. Juifs convers, ou
issu d'une famille de Juifs convers, il « catholicisa » terriblement le système, soit par
prudence, soit par convictions, soit pour complaire à la Maison des Stuards, spirituellement
dirigée par la Compagnie de Jésus. Son père en avait reçu la noblesse et le titre d'écuyer
(squire), car la famille de Pasqually ne figure pas dans les armoriaux de France ni d'Espagne,
et même pas dans l'enregistrement français de 1696, sont les blasons des familles
bourgeoises, mêlés à ceux de la noblesse.
Aussi bien, l'étude attentive des archives martinésistes les plus authentiques « Manuscrit dit
d'Alger», Manuscrit dit « de Grenoble ; correspondances dite de Lyon»), souligne certains
détails qui nous ont amené à décider un remaniement complet, non en ses principes, mais dans
l'application de la Théurgie à laquelle il est équitable de conserver cette dernière
dénomination.
Des tails puérils, qui, s'ils ne frappaient pas l'homme du 18
ème
siècle, choquaient celui du
20ème, font suspecter le caractère traditionnel du célèbre « Répertoire des 2400 Noms,
Caractères et Hiéroglyphes ». C’est ainsi qu'on y rencontre les idéogrammes de ... la Reine de
Saba ! Se manifeste-t-elle, toujours aussi tentatrices, aux aux-Croix? Certains d'entre eux
ont un aspect de famille avec les idéogrammes du Culte Vaudou. Et l'on sait que Martinez de
Pasqually et ses frères (au sens familial du terme), possédaient des domaines et résidèrent à
Port-au-Prince et à ogane. Le fait avait d'ailleurs été observé par Paul Chacornac. Enfin, les
parfums varient avec les grades ; et plus l'Affilié monte en leur hiérarchie, plus les éléments
hallucinogènes et métagnomigènes apparaissent et augmentent en leurs diverses
compositions. Ainsi l'Affilpeut-il imaginer que ses perceptions (indiscutablement valables
au point de vue magique) sont pendantes et du grade et des pouvoirs qu'il lui a apporté !
Alors que dès le départ, il eut obtenu les mêmes sultats. Par ailleurs, les exigences rituelles
quant au lieu de l’expérimentation : salle de 6 mètres sur 4 en moyenne, totalement vide de
meubles, avec porte et fenêtres orientées de telle ou telle manière, « faute de quoi vous n'en
recevrez point le néfice » (sic), tout ceci conduit à conclure que le Martinézisme ancien est
impraticable à l'homme de notre époque. Il existe de plus, en certains rituels, un caractère
puéril assez sagréable, notamment pour l'ordination des femmes, l'exconjuration du
Serpent, etc...). Tout ceci justifie très exactement la remarque de L.C. de Saint Martin à
Martinez de Pasqually : « Mais enfin, faut-il tant de choses pour prier Dieu ? ».
Remarque on ne peut plus pertinente du sage élève de Martinez de Pasqually.
C'est sur ces conclusions que le moderne « Tribunal Souverain » de l'Ordre des Élus-Cohen, a
décidé sa mise en sommeil en Mai 1968. Compte tenu que nous avons personnellement réalisé
sa résurgence en 1941, il nous appartenait de poursuivre, sinon d'impossibles applications, du
moins de réaliser une adaptation moderne. Elle constituera la partie opérative du nouvel
ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, son « Second Temple ».
D'une étude parallèle à la présente, il résulte que la filiation Martiniste et Martinéziste de
Papus est sans fondements valables, et sans alité. On s'y reportera avec fruits. Mystification
d'un jeune étudiant en médecine, soi-disant initié à 17 ans, et qui fonde un « Ordre Initiatique
» à 23 ans, sans rien apporter comme document probatoire de cette initiation, et que l'enquête
moderne, l'étude de son thème astrologique, de sa physiognomonie, de son écriture, montre
comme un très grand manieur d'idées, un vulgarisateur né, mais aussi comme un être dévoré
d'ambitions et assoiffé d'autorité. Ajoutons qu'il attachait peu d'importance à ce que nous
estimons par dessus tout : une filiation spirituelle authentique. Il savait si bien qu'il n'en
possédait pas, qu'il lui arriva d'initier par correspondance, lorsque le bénéficiaire était trop
éloigné ! Il existe en France les preuves autographes de ces « initiations » sans valeur
psychique et spirituelle.
C'est pourquoi, durant huit années, nous avons rassemblé toute la documentation possible sur
le Martinisme russe, issu du Prince Alexis Borosowitz Galitzinz, et organisé par Jean- Eugène
Schwartz et NICOLAS IVANOVITEN NOVIKOFF, dès le retour du Prince en Russie, soit en
1788. Il avait en effet été initpar Saint Martin lui-même, en Suisse, au cours d'un voyage en
Italie, en 1787, (Matter scribit).
Les preuves de cette existence d'un Martinisme en Russie, au 18ème siècle, s le retour du
Prince Galitzine, ont été fournies par Papus en son « Saint-Martin, le Philosophe Inconnu », il
atteste avoir vu, au Musée de Moscou, les Cordons et les Bijoux des martinistes russes sur la
Grande Catherine ; il atteste l'existence de la première Loge à Moscou et donne les noms de
ses membres ; il rappelle que la Grande Catherine fit composer des comédies contre les
martinistes de Russie. Enfin, elle fit emprisonner Novikoff (et les principaux chefs du
Martinisme russe), dans la forteresse de Schlüssbourg, en 1792, année de sa mort.
Novikoff demeura en son cachot jusqu'en 1796, époque l'Empereur Paul le fit libérer. Tout
ceci est connu, réel, et historiquement indiscutable ! Le nier serait faire preuve de mauvaise
foi et ne mériterait aucune réponse...
Des renseignements recueillis en 1946, à l'issue d'une conférence donnée à la salle de
Géographie sur les origines du Martinisme contemporain, en France, par nous-mêmes, auprès
du Frère Ivan Lebzine, de ceux recueillis de 1954 à 1955 auprès du Frère Valentin Tomberg,
de ceux recueillis de 1960 à 1968 auprès du Frère Nicolas Choumitsky, trois initiés
martinistes russes et ukrainien qui ne se connaissaient pas, et qui avaient éinitiés en Russie
en des villes fort éloignées et de l'unanimité et de Ta concordance parfaite des dits
renseignements, il résulte que le Martinisme russe constituait le filtre préparatoire à la
Maçonnerie russe,(également du 18ème siècle), à forme templière (stricte Observance). Elle-
même servait de filtre préparatoire à la Rose-Croix russe, dont Novikoff fut le Grand Maitre.
Le Martinisme enseignait la doctrine du « Philosophe Inconnu », en tant que métaphysique,
philosophie, mystique. La Maçonnerie Templière enseignait toutes les branches de
l'Occultisme, et cet enseignement (purement didactique et théorique), était ensuite mis en
pratique dans la Rose-Croix Russe.
Mais, dira-t-on, la plaquette à couverture verte publiée en 1946 par nos soins, (Cf. « Le
Martinisme contemporain et ses véritables origines », Destins éditeur, Paris 1946), démontre
que L.C. de Saint Martin n'a jamais fondé d'organisation, que ce sont ses disciples, ses
intimes, probablement, (Gence dixit), qui constituèrent un semblant de société. Et « l'Appel à
la rité» du Chevalier d'Arson, montre qu'en 1818, il s'agissait d'une véritable société
secrète. Exact, répondrons-nous. Saint Martin lui-me n'a jamais constitué d'organisation de
ce genre, mais en France... Car il demeure historiquement prouvé qu'il initia en 1787 le prince
Galitzine, au cours de leur lente traversée de la Suisse, allant en Italie. (Cf. Matter scribit).
Et peu après la constitution, à Lyon, du REGIME ECOSSAIS RECTIFIE en 1778, au plus
tard en 1782, date du fameux Convent de Wilhelmsbad il constitua bel et bien une
organisation maçonnique, dénommé RITE REFORME, (qu'on appela d'ailleurs « Rite
Réformé de Saint Martin », et fut notamment pratiqué à Metz, au chapitre « Saint Théodore
»). Qu'il s'agisse bien du « Philosophe Inconnu » ; de sa doctrine, introduite dans les discours
initiatiques des grades, les commentaires acerbes de Ragon, ceux de F. Favre le montrent
sans contestation possible, aucun doute n'est permis à leur lecture ! Cette doctrine était à la
fois politique, sociale, et métaphysique ; elle dérivait évidemment de celle de sa première
école, celle de Bordeaux...
Ce qui empêcha Saint Martin de développer son plan d'une organisation qui lui serait propre,
ce fut d'abord, en 1788, sa rencontre à Strasbourg, avec les œuvres de Jacob Behme ; ceci
l'incita à différer encore un peu, le temps d'étudier le philosophe allemand. Puis en 1789,
éclata la Révolution Française ; il se passionna pour elle, il rédigea sa célèbre « Lettre sur la
Révolution Française », il la compare à une préfigure du Jugement Dernier. Il alimenta le
mouvement révolutionnaire, faisant des dons anonymes à sa « Commune », de près de deux
mille livres, au total. Il était assez connu comme bon républicain pour être désigné comme
précepteur possible du Dauphin Louis XVIII. En outre, il monta la garde au Temple, était
enfermée la famille royale. Il était par conséquent « sectionnaire », membre des fameuses «
Sections de la Commune de Paris ». Or pour y entrer, il ne suffisait pas d'être volontaire, il
fallait avoir donné des preuves de son civisme. Ce fut nécessairement son cas.
Et ceci nous montre que Saint Martin fut à son époque un homme de gauche, politiquement
parlant, si Martinez de Pasqually fut un fidèle des Stuarts, et donc à travers la Compagnie de
Jésus, de l'Église catholique romaine.
En outre, ceci explique le peu de sympathie existant réellement entre Saint Martin et
Willermoz.
Le second était un bourgeois conservateur, désireux de se frotter aux grands seigneurs, voire
aux souverains. Et le premier était un aristocrate, acquis aux idées nouvelles comme tant de
gentilshommes de l'époque. En déclarant combien ses idées et ses goûts l'écartaient de la
Maçonnerie de Willermoz, ce n'était pas de la Maçonnerie Universelle qu'il entendait sortir,
mais de la Nouvelle Obédience lyonnaise, de laquelle on avait soigneusement retiré toutes les
études ésotériques, dans laquelle on ne pouvait aborder ni les sujets politiques, sociologiques,
ou religieux, par docilité à l'égard des souverains et du pape, ce qui ne faisait pas l'affaire du
«Philosophe Inconnu», justement passionné de ces questions...
Car autrement, s'il s'était agi de la Maçonnerie en général, il n'aurait pas éprouvé le besoin de
créer son RITE REFORME, lequel se trouvait être justement l'opposé du RITE RECTIFIE,
non seulement par une nomination parallèle, mais encore par le fait qu'on y abordait aux
dires de Ragon et de F. Favre, justement ces sujets mystiques qui étaient soigneusement
bannis, par prudence et docilité, de ce même RITE RECTIFIE. Ajoutons que certains grades,
lorsque l'on sait lire entre les lignes, éveillent l'écho d'une espérance politique et sociale qui y
est soigneusement dissimulée.
Cette sorte de concurrence, cette opposition, cette contradiction tacite, nous la retrouvons dans
le grade de « Chevalier de Palestine », indiscutablement créé par Saint Martin pour faire pièce
au « Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte » de Willermoz.
Et la subtilité d'esprit de L.C. de Saint Martin se manifeste une fois de plus en cette
dénomination ! Car qu'est la Palestine, sinon la Cité Sainte de Jérusalem, étendue jusqu'aux
limites d'Israël... N'est-ce pas manifester ainsi, de la part du « Philosophe Inconnu », la
volonté d'étendre jusqu'aux limites ultimes, au-delà d'un cercle restreint, (les seuls chrétiens),
le bénéfice de son enseignement ?
Or, à partir du « Maitre Écossais de Saint André », et en tout l'Ordre Intérieur, le RITE
ECOSSAIS RECTIFIE se voulait et se proclamait exclusivement chrétien !
Et si l'on veut bien se souvenir que le mot Palestine, signifie « couvert de cendres », (Cf.
Lemaistre de Sacy dixit), et que le « Chevalier d'Occident », (mêmes décors que le
« Chevalier de Palestine »), a un rituel axé sur les versets de l’Apocalypse annonciateurs de la
Fin des Temps, et que Saint Martin compare la Révolution Française à une préfigure du
Jugement Dernier, on a une prise de position très nette. Notons en passant, que le Chevalier
d'Occident est un élu par son sautoir, et un Templier par sa Croix en bijou, car l'ancien bijou
d'Ordre était une croix templière d'émail rouge.
Cette opposition manifeste, Saint Martin la poursuivit plus loin encore. Car le Code Rectifié
de Lyon-1778, régissant tout le RITE posait en principe qu'aucun Maçon porteur d'un décor
des grades dit d'Élus, (cordons de couleur noire), ne pouvait être reçu en « visite » à
l'équivalence de grade dans les Tenues du RITE RECTIFIE. Ce qu'on y avait reçu de la
STRICTE OBSERVANCE TEMPLIERE, on l'avait rapidement inversé quant aux cors. A
la robe noire des TEUTONNIQUES, d'où elle était issue, le RECTIFIE avait substitué l'aube
blanche. Au cordon noir moiré, orlé d'or, frappé en cœur de la croix templière écarlate le
C.B.C.S. avait substitué le Cordon blanc orlé d'or, et la croix de mère. A la Cravate noire,
portant en pointe l'Aigle Noir des « Chevaliers Kadosh », ou la Croix templière d'émail
rouge, le C.B.C.S. substituait la Croix de gueule identique, mais pendue à une Cravate rouge.
Or, dernière opposition clairement manifestée, démontrant bien sa volonté d'établir une
rupture totale, sans possibilités de visites réciproques, après le «Chevalier de Palestine »,
(Cordon aurore ourlé d'Or, et Sautoir noir), L.C. de Saint Martin couronnait son RITE
REFORME par le «Chevalier Kadosh», véritable épouvantail du RITE RECTIFIE.
Ceci se passe de commentaires...
Il n'est pas jusqu'au parallélisme des dates qui ne prouve ce cabrage de Saint Martin devant
l'orientation que Willermoz tentait de donner à l'ancienne Maçonnerie initiatique des Hauts
Grades de l'époque. Car le Convent Rectifié de Wilhelmsbad est de 1782, et Saint Martin
constitue son Rite Réformé cette même année.
Pour toutes ces raisons, en constituant l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, nous avons
été ameà prendre des décisions qui, pour rigoureuses qu'elles soient, étaient inéluctables,
autant par souci de la vérité que par loyauté à l'égard de la mémoire du «Philosophe Inconnu».
Tout d'abord, devant l'inexistence montrée d'une filiation initiatique venant effectivement
de Saint Martin jusqu'à Papus, ou à Augustin Chaboseau, devant les preuves d'une filiation
confiée au Prince Galitzine en 1787, nous avons tenu, après trente années de martinisme «
officiel », à être réinitié et à recevoir cette filiation venue de Galitzine. Et pour mieux
trancher les liens avec un passé ne reposant que sur des affirmations gratuites, que des
découvertes ultérieures ont controuvées, nous avons reçu un nouveau « nomen » ésotérique.
Déjà, après la Guerre 1939-1945, bien après avoir été reçu C.B.C.S., les mystères de la
destinée et la volonté de ceux qui nous conduisent malgré nous, nous avaient fait recevoir les
hauts-grades de la STRICTE OBSERVANCE ; par un dignitaire venu de Copenhague.
Et voici les deux Temples de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE.
Pour permettre aux Martinistes Opératifs, de continuer, avec plus de facilités que par le passé,
à « opérer » théurgiquement, nous avons constitué un grade, conforme à la tradition russe,
dans lequel se retrouveraient les mêmes « opératifs ». Et nous l'avons pris dans le RITE
REFORME de Saint Martin.
Désormais comme en Russie au 18ème siècle, la doctrine et les enseignements occultes,
seront donnés dans les degrés martinistes classiques. La pratique et son enseignement seront
communiqués dans un degré supérieur, de caractère maçonnique : le « Chevalier de
Palestine ». Les anciens décors martinistes seront ainsi conservés et utilisés, puisque le
Cordon blanc bordé d'Or pourra être l'ancien Cordon d'Associé, et que le Sautoir noir et sa
croix rouge, seront les anciens décors de l'Élu-Cohen (Maître-Élu Cohen).
La qualité maçonnique équivalente sera évidemment exigée pour l'accès au grade de «
Chevalier de Palestine ».
Voici donc les grades pratiqués dans l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE :
Premier Temple :
Associé
Initié
Supérieur Inconnu (Doctrinal)
Supérieur Inconnu Initiateur
Second Temple :
Chevalier de Palestine (Opératif)
La qualité maçonnique sera évidemment exigée pour l'accès à ce second Temple, puisqu'il
s'agit d'un grade maçonnique. Si des découvertes ou des mises au point de la technique
opérative, toujours possibles, l'exigent, on envisagera la pratique des trois grades pratiqués à
l'époque de L.C. de Saint Martin : « Prince de Jérusalem » et « Chevalier Kadosh », mais pour
cela, il sera de la plus grande importance que l'on retrouve les deux manuscrits in-quarto dans
lesquels, de sa propre main, le « Philosophe Inconnu » a mis au point les «Instructions»
relatives à ces grades, citées par Ragon et F. Favre, et de l'Aulnay.
Le premier Temple travaillera avec les formes rituelles russes, strictement conservées depuis
1800.
Cette nouvelle organisation du Martinisme de Tradition implique des décisions qui, pour être
pénibles, ne s'en imposent pas moins.
Si nous proclamons et démontrons que le Martinisme classique n'est pas relié spirituellement
et psychiquement au «Philosophe Inconnu», alors nous sommes à même de démontrer que la
filiation russe ancienne, (car deux loges furent crées par Papus, à la cour de Russie, reposant
sur sa pseudo-filiation), y remonte sans contestation possible, nous devons considérer les
Martinistes russes issus de la filiation Papus-Chaboseau, (co-initiés par eux-mêmes), comme
des profanes et l'Ordre fondé par Papus, réveillé en 1953 par son fils, le Docteur Philippe
Encausse, comme une organisation para-martiniste. Et nous ne pouvons les recevoir en
« visiteurs », en dehors des Tenues Blanches.
Une seconde décision, tout aussi fondée, veut que, pour demeurer dans l'esprit et dans les
intentions du « Philosophe Inconnu », nous abandonnions le Willermozisme, lequel n'en
découle pas. Et ceci implique notre décision de quitter le GRAND PRIEURE MARTINISTE
et ses C.B.C.S.
Toutefois la règle d'entraide et de soutien entre martinistes de toutes Obédiences demeurera,
dans le plan humain et extra- initiatique, scrupuleusement observée. Et certains Affiliés des
Obédiences « apocryphes »,- pour user du glossaire de Martinez de Pasqually-
particulièrement qualifiés dans le domaine des hautes- sciences ésotériques ou connus comme
n'ayant jamais colporcontre les ELUS-COHEN les sempiternelles calomnies de satanisme
et de magie noire des sectateurs du « Maître Philippe », ces Affiliés particulièrement méritants
recevront une carte de «Visiteur Honoraire » des loges de l'ORDRE MARTINISTE
INITIATIQUE. Toutefois, ils n'assisteront pas aux Cérémonies d'Ouverture et de Fermeture
des Travaux, ni à celles d'Initiation, afin de conserver à nos Rituels, à leurs Signes, Mots,
etc... leur caractère secret traditionnel.
Enfin, les divers ORDRES MARTINISTES étrangers désirant opérer leur propre «
rectification », (pour user cette fois du langage de Willermoz, en 1778), devront :
1. S'engager aux mêmes mesures de sécurité et de prudence à l'égard des membres de
l'ORDRE MARTINISTE dit « de Papus »,
2. Envoyer à Paris, au siège de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE un de leurs Grands-
Officiers, lequel sera réinitié dans la filiation de L.C. de Saint Martin conférée au Prince
Galitzine, et sera à même ainsi, à son retour, de régulariser tous les membres de son
ORDRE national,
3. S’engager, comme le dit si justement l'ancien rituel martiniste russe et ukrainien, à «
conserver scrupuleusement les anciens usages, sans y rien changer ». Item, à renoncer à la
perpétuation de la filiation « apocryphe ».
En retour, les ORDRES MARTINISTES étrangers ainsi « rectifiés », recevront de l'ORDRE
MARTINISTE INITIATIQUE :
1. Patente attestant leur « rectification » et les habilitant en leur Nation comme les
représentants officiels de la filiation authentique du 18ème siècle, repu tant à Saint,
2. Rituels initiatiques, mémento, catéchismes, Cérémonies d'Initiation,
3. Rituels opératifs modernes, inspirés directement des documents martinésistes du
18ème siècle, posés aux archives de l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE, et
anciennement dans celles 'des ELUS-COHEN, à la condition ci-dessous :
4. Si le Mandataire envoyé à Paris est titulaire du grade de Chevallier Kadosh, (30ème), il
recevra un Bref de « Chevallier de Palestine », et photocopie de la justification initiatique
de cette détention lui sera remise pour son ORDRE national, dont il sera ainsi le
« rectificateur ».
Enfin, il est rappelé que l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE laisse les ORDRES
MARTINISTES nationaux s'administrer eux-mêmes, signer et nommer leurs Grands-
Officiers, etc... en la plus stricte indépendance administrative et financière.
Son seul contrôle ne s'exercera jamais que sur la régularité de la transmission initiatique, sur
les mesures de précautions finitives cour empêcher le retour d'un tel galvaudage du
véritable Martinisme de tradition, auquel on substitue une « chapelle » dont le « prophète »
nie la valeur de la Connaissance, et tout autant, nie la réalid'une « chute » spirituelle de
l'Humanité, axiome de base de toute la Réintégration...
Orient de Paris, ce 30 Juin 1968,
Pour l'ORDRE MARTINISTE INITIATIQUE,
Le Grand-Maitre : R. AMBELAIN.